Juan Jose Padilla reçoit Sébastien :

Racontez-nous la visite de Sébastien Castella à la Clinique ?

" J’étais très ému car toutes les stars de la tauromachie m’ont rendu visite après ma blessure et m’ont apporté leur soutien. J’ai toujours eu beaucoup d’amitié et de respect pour Sébastien. Quand il est rentré dans la chambre, il a voulu m’offrir sa médaille en me disant

"Juan, je n’ai jamais quitté cette médaille de ma vie. Je te la donne pour t’aider à récupérer et tu pourras me la rendre quand ça ira mieux". Ces mots m’ont ému par leur humanité, leurs valeurs chrétiennes. C’était un geste hors du commun. Et Sébastien Castella n’est pas seulement un grand torero. C’est un homme avec beaucoup de cœur."


Lettre observatoire national des cultures taurines:

http://www.culturestaurines.com/lettre_castella


01.23 - Midi-Libre :

http://www.midilibre.fr/2012/01/23/la-mort-du-toro-est-le-moment-culminant,447508.php


Je suis un matador de toros", tranche Sébastien Castella. (O. G.)

"C’est un entretien paru dans le journal Hoy qui a provoqué une polémique en France et en Espagne à l’automne dernier. Sébastien Castella y expliquait pourquoi il avait accepté de toréer dans la capitale équatorienne, Quito, dans une corrida sans estocade.

Polémique sur la souffrance de l’animal

Un texte où le matador biterrois exprimait son point de vue sur la souffrance de l’animal... Que beaucoup, outre-Atlantique, ont vite interprété comme un positionnement fort contre la mise à mort.

"Une phrase a été sortie de son contexte, répond Sébastien Castella. Ceux qui ont lu l’interview ne me poseraient sans doute pas cette question."

"Bien sûr, je suis un matador de toros mais la muleta pèse lourd. Je suis un artiste qui entre dans les arènes pour émouvoir les aficionados. On ne peut comprendre une grande faena sans une bonne estocade. Et vice-versa. C’est bien pour cela que la chance de tuer s’appelle “chance suprême”. La mort du toro est le moment culminant de la lidia. C’est une vraie fiesta et sans mort, elle n’a aucun sens".

Fin de la polémique

Sébastien Castella se fait tout aussi tranchant, sur son choix de toréer à Quito, alors qu’il avait refusé d’aller à Las Vegas, pour une autre corrida sans mise à mort.

"Quito, je crois que j’en ai déjà suffisamment parlé, s’agace le Biterrois. Je suis allé là-bas l’an dernier en février et maintenant pour défendre ma profession. C’est le plus important pour moi. Je vais toréer quand je le décide. Avec tout mon respect, comparer Las Vegas et Quito est une insulte pour la capitale équatorienne. Il n’y a pas de ville plus taurine que Quito dans son histoire et sa culture. Las Vegas est une ville au milieu du désert, construite pour le plaisir et la distraction de la plupart des gens"."

Midi-Libre : "Je veux toréer avec plus de beauté"

http://www.midilibre.fr/2012/01/23/sebastien-castella-je-veux-toreer-avec-plus-de-beaute,447507.php



01.18 : La polémique autour de l'interview donné à "Hoy" :

 Lettre de Monsieur Jean-Marie Magnan :

Chers amis de la peña Castella d'Istres-Nîmes,

 

Votre torero est l'attaque de beaucoup d'envieux qui, depuis le début de sa carrière, s'acharnent à le diminuer. Je vous félicite, depuis la fondation du club, de le soutenir envers et contre tout. Une preuve de votre action positive, il a honoré de sa présence deux corridas de la féria d'Istres deux années de suite où il s'est montré à son meilleur niveau et a soulevé la passion de l'arène du Palio. Souhaitons qu'il nous revienne cette année dans les meilleures conditions. 

Lié à nombre de toreros parmi les plus connus et qui furent, bien entendu, parmi les plus discutés, je puis vous assurer que l'interview de Quito, tronqué et déformé pour faire dire le contraire à Sébastien Castella, a dépassé les bornes de l'excès de hargne et que dans cette histoire là, Sébastien Castella est victime d'un acharnement incompréhensible. 

Il revendique hautement le droit pour le taureau de mourir dans l'arène et non pas dans les corrales comme un bœuf à l'abattoir. Ces propos parus dans Hoy ne laissent aucune place au doute. Il est allé à Quito avec quelques-uns des meilleurs toreros actuels, du vétéran Enrique Ponce à la révélation de 2011, David Mora pour livrer un dernier combat. La garde meurt, mais ne se rend pas, témoignage de la grandeur des hommes qui ne veulent pas renoncer tant qu'il reste une lueur d'espoir et même au-delà. La protestation unanime du public de Quito contre la suppression de la mise à mort a montré l'attachement de tout un peuple à la cause des aficionados : Le taureau ne doit et ne peut finir que sur les hauteurs, au sommet de son combat. N'oublions pas qu’en amérique latine, qui l’a tout de suite adopté, dans l’ arène de Cali, Sébastien Castella a failli périr à bout de souffle à cause de l'écrasement de cinq côtes contre le poumon, qu'il a refusé de se laisser entraîner à l'infirmerie avant d'en terminer avec son adversaire et qu'il y est entré plus mort que vif. 

N'êtes-vous pas étonnés que le titre de Héros français lui ait été décerné par l'Espagne,  que l'Amérique Latine l'ait imposé comme numéro un en duel avec El Juli ? 

À 82 ans, laissant derrière moi d'innombrables articles dans les revues françaises et espagnoles et treize ouvrages sur la corrida dont mon chant du cygne qui vous attend pour la féria de Pâques, je confesse une fois de plus mon immense admiration pour Sébastien Castella parti de rien pour arriver au sommet, après avoir payé le prix fort de vingt-deux blessures, dont certaines fort graves. Lui qui a débuté à Saint-Gilles en août 1999, a su s'imposer contre vents et marées grâce au public de notre pays qui s'est bien gardé de suivre les oiseaux de mauvaise augure : quelques critiques fort amers de la suprématie d'un des nôtres à l'échelle internationale. Il serait dommage, parce que né Français d'origine modeste, que les opposants continuent à le traiter encore plus mal que fut traité Christian Nimeño jusqu'au sacrifice. 

Je vous salue dans votre fidélité à Sébastien Castella.

                                                                           Jean-Marie Magnan



Article du Midi-Libre :

http://www.midilibre.fr/2011/12/25/le-mundillo-conteste-castella-apres-la-feria-de-quito,435617.php

Interview de notre maestro à Quito :

Voici quelque temps une polémique est née autour de l'interview que le maestro a donnée à Quito.

Il me semble nécessaire de mettre ses paroles au clair puisque d'aucuns n'ont pas su, ou pas voulu, comprendre ce qu'il a dit !

S'agissant de la mort du toro, qui semble être sa prise de position la plus controversée :

NON Sébastien ne remet pas en question la mort du toro, relisez son texte.

Il précise seulement que s'il va aux arènes c'est pour toréer, pas juste pour tuer,  pour s'affronter au toro, se mesurer à lui pas juste pour tuer.                    

Il souligne aussi que la seule mort qui lui paraît DIGNE pour le toro, c'est DANS les arènes et par une EPEE. 

S'agissant du fait qu'il a toréé quand même à Quito :

La pensée de Sébastien, c'est qu'il faut continuer à toréer(à part dans les conditions de Las Vegas où il a été le premier torero à refuser de toréer ) afin de maintenir la tauromachie. Pour lui ce n'est qu'une mauvaise étape, surtout politique ( d'ailleurs il le dit clairement), et qu’il faut être là, pour maintenir le public, les ganaderos et les peones. Si personne ne vient, la tauromachie mourra et "les autres" auront gagné. Voilà sa pensée.

Un rêve réalisé :

http://the-neverending-summer.blogspot.com/2011/12/reve-numero-4-sebastian-castella-et-la.html

12.06 - Hoy (quotidien de l'Equateur) :

Le maestro s'exprime :

http://www.hoy.com.ec/noticias-ecuador/no-me-gusta-ver-a-los-animales-sufriendo-519242.html

Le livre "Castella"

En vente sur : Sebastiancastella.net

10.16 - Midi Libre :

 Béziers Fin de saison frustrante pour Sébastien Castella - STÉPHAN GUIN

 16/10/2011

" Sébastien Castella a remporté l’oreille d’or à Madrid, à la corrida de la presse. (© D.R) Épanoui dans sa vie personnelle depuis son mariage à l’automne dernier et la naissance de sa petite fille Atenea, Sébastien Castella ne cache pas son bonheur et a même ouvert les portes de son domicile dans les environs de Séville à la revue  Hola la semaine dernière. Après une longue saison, il s’est envolé en famille hier vers ses quartiers colombiens sur la paradisiaque côte Caraïbes pour se ressourcer avant de débuter sa saison américaine dès le 30 octobre au Mexique.

 Sébastien Castella aura conclu mardi à Zaragoza une fin de temporada terriblement frustrante où il a passé un mois sans pouvoir toréer un toro de qualité. Depuis ses triomphes à Palencia, Valladolid et Aranda de Duero début septembre, le Biterrois ne touche au sorteo que des toros faibles, fades, décastés ou dangereux.

 Alors que Manzanares et El Juli mènent un train d’enfer, que Morante de la Puebla retrouve la forme après une saison décevante et que le buzz José Tomas ne faiblit pas, Sébastien Castella devra lutter en 2012 au milieu de la meute pour se faire une place dans les meilleurs cartels des grandes ferias. Aux traditionnels concurrents que sont Ponce, El Cid ou Perera, des toreros confirment leur statut en haut de l’escalafon comme Talavante ou Luque, sans parler des deux toreros révélation de la temporada, David Mora et Ivan Fandino que toutes les empresas veulent présenter dans leurs arènes.

 Pourtant, Sébastien Castella, déjà élu numéro un mondial à deux reprises n’a pas déçu en 2011. Son toreo à la cape est en plein progrès, et il a trouvé une belle régularité à l’estocade, à l’exception d’une mauvaise passe début août. Au niveau comptable, il n’a pas à rougir de son bilan après des sorties en triomphe dans des arènes aussi importantes que Barcelone (4 oreilles), Nîmes, Granada, Béziers ou Valladolid. De même, en coupant une oreille lors de la corrida de la Presse à Madrid, il a remporté la célèbre oreille d’or. "

09.15 : Sébastien  torero au grand coeur :

Pour  l'association ''Ernesto et Enfants de Bolivie''  un groupe de médecins
 de Nîmes qui vont régulièrement en Bolivie soigner des enfants
dans une grande précarité. Notre maestro offre  son habit de lumière bleu turquoise (vous devez vous  en souvenir).

 Il y aura une tombola, tirée, sauf contre temps, par le maestro, après la corrida de samedi, à l'hotel Atria.

La peña est cordialement invitée à y assister à acheter des billets et, qui sait, gagner cet habit !

 De ce fait, le dîner chez Marius aura forcément lieu plus tard, après le tirage de cette loterie.

09.02 - Sud Ouest :

Au coude à coude
Les deux toreros se présentent dans les arènes Marcel-Dangou avec des statistiques 2011 très proches. Elles suggèrent un équilibre, sur le papier en tout cas. À ce stade de la temporada, Sébastien Castella se hisse à la cinquième place de l'escalafon (1) avec 33 corridas pour 42 oreilles. Sur ses talons, Miguel Angel Perera, sixième du classement, a enchaîné 32 combats et tranché 43 oreilles.

Déjà, la saison dernière, le matador de Béziers devançait d'un rang celui de Puebla de Prior (Extremadure) : ils se sont arrogé les huitième et neuvième places de l'ATP des matadors. Et comptent dans le Top 10 de la tauromachie. Le cercle des puissants, en un mot des « figuras » qui peuvent avoir envie de fraises à quatre heures du matin.

Avec une antériorité dans le club pour Castella, Perera ayant obtenu sa carte de membre avec fracas lors de son extraordinaire saison 2009. Dans la foulée de l'indulto (grâce), à Dax de Desgarbado, toro de Victoriano del Rio, il est devenu le second torero le plus sollicité avec 78 corridas (126 oreilles et 8 queues).

Domination
On peut trouver une analogie entre les deux hommes dans leur toreo. Plus dans l'esprit de celui-ci que dans sa forme. Leur art converge dans une aspiration proche à soumettre le toro. Obsessionnelle, en ce qui concerne le Français, elle dicte aussi les gestes de l'Espagnol. Parfois jusqu'à une forme de brusquerie chez ce dernier, puissance ostentatoire qu'il s'emploie désormais à arrondir.

C'est peut-être ici que doit s'arrêter le parallèle entre les deux hommes. Leurs histoires familiales sont aux antipodes. Dure et tumultueuse pour le gamin Sébastien, mis au turbin très tôt. Sereine et ouatée pour le petit Miguel Angel, éduqué chez les jésuites. L'un a dû fuir le foyer insupportable. L'autre évoque avec douceur dans les interviews sa famille aimante. Et d'ailleurs sans le moindre lien avec le monde des toros, avant que le fils n'en tue. Sa mère voulait pour lui un « vrai métier »…

Il est frappant aussi, leur rapport respectif et dissemblable au danger. On a souvent décrit le torero au bord du gouffre de Sébastien Castella. « Cela m'est égal que le toro me prenne car le plus important, c'est d'être le meilleur. Et pour cela, il faut dépasser les limites. Parmi elles se trouve la mort. » Ces mots sont ceux de Castella. Perera déclarait récemment dans la presse ibère : « Je ne crois pas que l'arène soit le meilleur lieu pour quitter ce monde. »

Les deux toreros se croiseront à nouveau aujourd'hui. Avec, outre l'enjeu de leur rivalité ombrageuse, celui de s'imposer à une arène de Bayonne qui attend encore d'être convaincue par eux.

1 Septembre Midi-Libre :

Béziers Quatre "grands chelems" sans triomphe pour Castella
S.G.
01/09/2011, 

Des oreilles mais pas de triomphe pour Castella.
Sébastien Castella réalise une temporada 2011 de bonne facture mais il lui manque toujours le grand triomphe dans une des quatre arènes de référence.

Peu aidé par le bétail à Séville et Pamplona, il a réussi son passage à Madrid en obtenant un trophée par corrida et en remportant “l’oreille d’or” pour la corrida de la Presse.


Samedi, il faisait son paseo à Bilbao pour la dernière levée du “grand chelem”. La corrida d’El Pilar, lourde et brave au cheval, aurait du permettre à El Cid d’ouvrir la grande porte mais l’Andalou s’est contenté d’une oreille sans avoir tiré bénéfice d’un toro d’exception.

Manzanares, et surtout Castella, n’ont pas eu la même chance. Son second toro ne permettait rien. Le Biterrois s’était montré bien supérieur à son premier noble mais fade et sans transmission, duquel il a tiré une faena de qualité conclue d’une épée exceptionnelle qui lui vaudra certainement le Prix de la meilleure estocade de la Feria. Pétition d’oreille du public. Refus de Matias Gonzalez, l’indéboulonnable président de toutes les corridas de Bilbao depuis 1994. Mi-compréhensif, mi-taquin envers “Matias”, Sébastien Castella a déclaré : "Je pense que tout le monde demandait l’oreille. Peut-être manquait-il un mouchoir ?"

Depuis, il a continué son sprint de fin de saison dans la Province de Madrid. Dimanche, il a coupé deux oreilles à San Sebastian de los Reyes alors qu’El Juli n’a pu obtenir de trophée.

Le lendemain, il toréait à Colmenar Viejo, tristement célèbre pour la disparition d’El Yiyo le 30 août 1985 (toro “Burlero” de Marcos Nunez). Miguel Angel Perera est ressorti vainqueur de leur premier mano a mano en coupant trois oreilles pendant que Sébastien Castella recevait seulement une ovation.

La revanche entre les deux toreros est déjà programmée pour samedi à Bayonne avant un nouveau duel avec Juan Bautista à Nîmes le 17 septembre.

Sud-Ouest du 4 Août - Par pierre penin


Itinéraire du gamin qui voulait devenir « figura del toreo »


Mû par un désir singulier de dominer ses adversaires, le matador a construit une carrière au sommet.  

Dans un emprunt au déroutant écrit de Stig Dagerman (1), affirmons que le désir de domination sur le toro de Sébastien Castella est impossible à rassasier. Et que ce désir, en piste, supplante tout, au-delà du rationnel ou de ce que l'on nomme raisonnable. « Cela fait dire qu'il fait des faenas trop longues. Mais il ne supporte pas qu'un toro lui résiste et il continuera, malgré les avis (2), jusqu'à le maîtriser. » Quitte à sacrifier un succès, en pleine conscience et en dépit du sens commun : « À ce moment-là, il torée pour lui et lui seul ». Les mots qui précèdent sont ceux du chirurgien Jean-Michel Gouffrant, un intime. Ils ouvrent une voie de compréhension essentielle.

Sébastien Castella s'est fait dans sa fraternité avec la solitude. L'homme la décrit comme consubstantielle de son art. « Vivre en torero signifie solitude », affirmait-il en 2008, devant le Parlement européen. Elle est sa compagne de toujours. Mis au turbin à l'âge du jeu, « il a eu une jeunesse solitaire, isolé par ses parents », glisse sans s'appesantir Jean-Michel Gouffrant.



Pour Kelly et lui
Le milieu taurin n'ignore pas ce que ce dernier nomme encore son « enfance malheureuse ». Il faut avoir vu, vingt ans plus tard, dans un callejon, le regard ou plus implacable encore l'absence de regard du fils pour le père… « C'est un garçon qui a dû s'enfermer, enfant, dans une non-communication. Excepté avec sa sœur, Kelly. Je dirais que c'est l'amour de sa vie. Il a toujours eu en tête de se sortir de là et d'en sortir sa sœur. Il m'a dit un jour : ''Ma sœur a été aussi malheureuse que je l'ai été. Je veux gagner assez d'argent pour lui payer des études''.» Sébastien Castella l'a fait grâce à son don pour le toro et la volonté de ceux qui n'ont rien à cueillir, doivent tout arracher.

« À l'époque, un homme remarque ses qualités taurines : c'est Robert Margé. » Éleveur et impresa, le Biterrois accueille le gamin en tienta et devine un destin. « Robert nous avait dit : ''Ce gamin est né torero''. » Le môme, de sa frêle voix dont l'adulte garde encore quelques aigus, l'assène avec un aplomb qui ne prêtera pas longtemps à sourire : devenir torero ne l'intéresse pas, il sera « figura del toreo » et rien d'autre. « Il lançait ça à la face de tous alors qu'il était une crevette, il avait les jambes comme tes bras », sourit Jean-Michel Gouffrant.

Frisson
À 13 ans, Castella a fait une croix sur l'école. À quinze, son père le laisse partir à Séville, chez le matador José Antonio Campuzano qui va tailler le diamant brut. Il quitte alors l'aile chaude et rassurante de Robert Margé, après sept années sous sa protection. « C'est sa dernière déchirure », selon son ami bayonnais. Margé a la générosité de s'effacer pour offrir au petit ce que requièrent ses rêves de suprématie.

Les années d'apprentissage vont révéler la figure qu'un gosse, dix ans plus tôt, prophétisa à la première personne. Sébastien Castella va s'installer dans les premières places de l'escalafon (3), triompher dans les places majeures, devenir un matador incontournable. Il impose une tauromachie du frisson, que boudent alors les tenants d'un toreo classique, orthodoxe. Eux lui reprochent des artifices. Jean-Michel Gouffrant son défenseur inlassable loue ses « recours » infinis.

Promesses tenues
Le Biterrois torée au bord du précipice, dans un abandon, un oubli de sa chair qu'un certain José Tomas n'est plus le seul à vivre. « Une tauromachie pathétique », définit Jean-Michel Gouffrant. Le médecin l'a plusieurs fois opéré. « Le chirurgien redoute ce moment où il torée et où il se sent bien. Il s'abandonne totalement. Il va sur des terrains impossibles, là où personne ne va. » Et où il a rencontré à 24 reprises les cornes de son adversaire.

Depuis deux ans, Sébastien Castella semble avoir infléchi sa tauromachie. On croît y lire un apaisement. Une forme de sérénité. Jean-Michel Gouffrant propose une autre formulation : « Il va toujours sur ces terrains du danger, prend peut-être même plus de risques, mais il a acquis un tel bagage technique que cela se voit moins. »

Toujours ce désir de domination des fauves. Dans l'arène, ce besoin de soumettre. Le gamin tout de rage intériorisée qui promettait de régner est toujours là, quand entre le toro. Mais il a tenu sa promesse. Toutes ses promesses : aujourd'hui, sa sœur dirige son entreprise de tourisme équestre. Lui s'est marié, est récemment devenu père d'une fille. « Il peut donner ce qu'il n'a jamais reçu. Je crois que c'est important. »

(1) Le texte de Stig Dagerman s'intitule « Notre désir de consolation est impossible à rassasier ». (2) Les avis sont un signal sonore qui marquent la fin du temps imparti pour tuer un toro. (3) Escalafon : le classement des toreros.

Paris Match du 8 Juillet :

Un véritable baby-boom est en train de se produire chez les toreros qui tiennent le haut de l’affiche. Ils ont la trentaine et sont célèbres dans les arènes du monde entier. Mais la gloire et la fortune ne leur suffisent pas. Ils veulent donner la vie comme si subitement ils s’apercevaient que le destin pouvait reprendre la leur. Chaque après-midi à 17 heures, au moment où le soleil d’été devient moins cruel, ils jouent à quitte ou double sur le sable ocre des plazas du Sud. Parfois ils ont triché sur leur âge pour commencer plus tôt, tant l’envie de défier la bête était forte. Une passion difficile à comprendre, synonyme de courage et de grâce quand le toro affiche noblesse et bravoure. Tous ont été grièvement blessés. Dans l’œil du monstre, ils ont vu la mort de près. Soulevés comme une paille, embrochés par la corne, ils ont senti la fin arriver, ­inconscients, baignant dans leur sang. A l’heure de la maturité, membres du Top 10 de l’escalafon, le classement des ­toreros, ils ont eu envie de laisser une trace pour la postérité. La majorité des étoiles de la planète toro vient d’être papa ou va l’être bientôt.

Sébastien Castella, d’abord, l’autre grande figure française, vient lui aussi d’être père d’une petite fille, ­Atenea, née le 27 décembre dernier. Le torero biterrois avait épousé en octobre l’actrice colombienne Patricia Vasquez sur une île au large de Cartagena de Indias. Entre les deux toreros, la rivalité est grande. Ces deux-là, tout les oppose : le physique, la psychologie, la manière de toréer. L’enfance aussi. Celle de ­Sébastien est restée pour lui une blessure douloureuse. Longtemps introverti, intransigeant, fermé, le maestro semble aujourd’hui plus apte au bonheur. Alors que les autres toreros aiment se retrouver au campo, achètent une finca, sont fiers de leur nouvel élevage de toros, Castella, lui, découvre les musées. Cornaqué par son ami Robert Margé, le ­directeur des arènes de Béziers, il s’échappe à Paris pour visiter l’Académie française avec Florence Delay ou aller au théâtre, ­invité par Pierre ­Arditi. Depuis qu’il est papa, le torero a un moral d’acier. A ­Madrid, il vient de recevoir l’oreille d’or 2011 remise par le roi Juan Carlos à la fameuse Corrida de la presse.

Midi-Libre : du 28 Juin

http://www.midilibre.fr/2011/06/28/en-espagne-sebastien-castella-retrouve-les-sommets,345176.php

 En Espagne, Sébastien Castella retrouve les sommets
S. G.
29/06/2011, 06 h 00


Avec sa longue série de triomphe et son indulto de Séville, José Maria Manzanares a pris quelques longueurs d’avance en ce début de temporada, avec dans sa roue, l’infatigable El Juli. Un temps discret à la suite de sa blessure à la clavicule, Sébastien Castella a retrouvé depuis sa faena de Nîmes, son rythme d’enfer et se repositionne dans le peloton des poursuivants.

En trois jours, il vient d’ouvrir les grandes portes d’Alicante et Granada en réalisant deux faenas primées de deux oreilles. Celle réalisée au pied de l’Alhambra marquera d’ailleurs les esprits par sa profondeur et sa variété. Dimanche encore, il serait sorti en triomphe face aux toros de Banuelos à Burgos s’il n’avait pas connu un moment de faiblesse au descabello qui lui a fait perdre la seconde oreille. Au-delà des récompenses, le style et la régularité du toreo du Biterrois séduisent. Sébastien Castella se positionne comme un torero de référence à la cape par sa douceur et sa capacité à baisser la main et templer la charge des toros dès la sortie du toril. La preuve d’une maturité technique car le toreo de classe à la cape est le plus dur à acquérir. 

À la muleta, ses partitions ont souvent la même marque de fabrique. Des débuts de faena avec du toreo fondamental en liant des séries de passes, en laissant le toro galoper de loin et en accompagnant sa charge grâce à la souplesse de sa ceinture. Ensuite, quand le toro commence à faiblir, il se donne à des numéros de funambules dans un petit périmètre. Le Biterrois aime cet exercice de domination où la précision de son poignet lui permet de multiplier les passes en arrêtant le toro à quelques millimètres de ses fémorales. Rajoutez une régularité et une qualité dans ses estocades rarement connues dans sa carrière et Sébastien Castella aborde la saison plein de confiance et d’ambitions.

 

Midi-Libre :

Béziers Sébastien Castella : "La tauromachie est enfin protégée"
Recueilli par ÉRIC DELHAYE 
le 05/05/2011, 08 h 30


Castella avec l'épée d'académicien de Lucien C(Photo F. SOULOY/AONA PRESS)
Le Biterrois débute sa saison française dimanche aux arènes de Palavas. Désormais épanoui, Sébastien Castella évoque l'actualité taurine, ses ambitions et ses convictions d'artiste.

La tauromachie vient d’être inscrite, par le ministère de la Culture, au patrimoine culturel immatériel de la France. Quelle réaction cette décision vous inspire-t-elle ? 

Une telle réussite, en France, c’est d’abord une grande fierté. Je pense y avoir un peu participé, avec tous les professionnels du secteur. La tauromachie est enfin protégée. Au tour de l’Espagne et de l’Amérique du Sud de suivre cet exemple.

Vous avez été récemment reçu, à l’Assemblée nationale, par des députés pro-taurins. Pourquoi avoir entrepris cette démarche ?

Quatre-vingts députés, de toutes les régions, défendent la tauromachie. Je voulais les connaître et leur dire que je suis à leurs côtés.

À Paris, vous avez aussi croisé des artistes et des intellectuels. Vous avez été reçu à l’Académie française par Florence Delay et Lucien Clergue puis vous avez échangé avec Fernando Botero, Pierre Arditti, Thierry Lhermitte, Denis Podalydès, Jean Nouvel, Jean-Paul Chambas, Christophe Barratier, Francis Wolff... Que vous apportent ces rencontres ?

Ma sensibilité d’artiste se nourrit de la peinture de Botero comme des projets de Jean Nouvel. J’aime écouter ces gens : d’une façon, cela se retrouve dans ma tauromachie. Comme tous les toreros, je suis mystique et très renfermé sur ma passion. Mais j’aime aussi m’ouvrir à la culture et à la société. Plus je mûris, plus j’en ai besoin. C’est une démarche personnelle et une façon de défendre la tauromachie, un art qui mérite d’être mieux intégré aux autres disciplines, et à la société.

Comment avez-vous vécu les attaques anti-taurines en 2010 ?

Difficilement. Leurs attaques ont manqué de respect. On doit leur répondre en toreros, avec classe, à la manière de la victoire remportée auprès du ministère de la Culture.

Vous voulez faire un geste pour le Japon, comme vous l’aviez fait pour Haïti, à Nîmes, devant six toros. De quoi s’agira-t-il ?

Je ferai ce geste mais je ne sais pas encore de quelle façon. La saison est longue. Mais c’est sûr que ce ne sera pas une corrida de six toros.

En août 2010, vous avez fêté vos 10 ans d’alternative à Béziers. Quels furent vos sentiments ?

Mon rêve n’était pas de devenir matador de toros : il en existe des centaines. Je voulais être une star de la tauromachie. Dix ans après, revenir à Béziers en figura, dans ce même costume rose pâle et or... Oui, je me suis senti très heureux.

Avez-vous de nouveaux rêves ?

En tauromachie, on évolue chaque jour. Après dix ans d’alternative, mon ambition est de progresser artistiquement. Toro après toro, je grandis. Un détail peut me remplir de joie et d’émotion. D’autres fois, je suis mécontent de ma corrida et je m’enferme dans ma chambre, je ne veux plus voir personne. On dit que je suis spécial. Mais quand je suis heureux face au toro, tout le monde est heureux. J’ai un défaut et une vertu : je ne sais pas mentir. Ma tauromachie reflète ce que je suis. Elle est lumineuse si je souris et sombre dans le cas contraire.

Votre vie de famille influe-t-elle sur votre vie professionnelle ?

Je suis heureux avec ma femme Patricia et notre petite fille. Les professionnels et les aficionados disent parfois que, quand le torero a une vie de famille, c’est le début de la fin. Ils se trompent. Je suis plus posé, plus mûr, ça me donne plus d’assurance. Je ne pense pas à l’accident et à ce qui arriverait aux miens. Au contraire. La famille, ça me donne encore plus d’envie. Je m’accroche toujours autant face au toro et s’il faut le faire encore plus, j’espère que j’en serai capable.
Sébastien Castella : ”Il faut répondre aux anti-taurins avec classe”

                                    

Avec ERIC DELHAYE
04/05/2011, 14 h 59 

Figure emblématique de la tauromachie française, le torero biterrois Sébastien Castella débutera sa saison dimanche, dans les arènes de Palavas, aux cotés de El Juli et Juan Bautista.

Dans une longue interview à paraître demain dans Midi Libre, il évoque de nombreux sujets de son actualité, dont le classement de la tauromachie dans le patrimoine immatériel de France. 

“C’est d’abord une grande fierté” estime Castella, qui avoue avoir “un peu participé, avec tous les professionnels du secteur” à ce classement. Pour lui, cet effort doit maintenant être suivi par l’Espagne et l’Amérique du Sud.

Reçu à Paris à l’Assemblée nationale par des députés pro-tauruins, puis à l’Académie française, Sébastien Castella estime que les rencontres avec les artistes sont pour lui de plus en plus importantes. Elle représentent pour lui “une façon de défendre la tauromachie, un art qui mérite d’être mieux intégré aux autres disciplines, et à la société”.

Enfin, Sébastien Castella estime que les attaques d’anti-taurins de l’an passé “ont manqué de respect”, et que le monde de la tauromachie doit “ leur répondre en toreros, avec classe, à la manière de la victoire remportée auprès du ministère de la Culture”.

Le 13 Avril Sébastien reçu à l'Assemblée Nationale :

SEBASTIEN CASTELLA A L'ASSEMBLEE NATIONALE


Sébastien Castella et Robert Margé entourés des Députés au Palais Bourbon.
Sébastien Castella en vacances à Paris a tenu en quelque sorte à remercier les Députés pour leurs engagements en faveur de la tauromachie. Le 13 avril le torero biterrois a été accueilli en compagnie de Robert Margé par un groupe de parlementaires aficionados parmi lesquels le député biterrois Elie Aboud.

La corrida est inscrite l'inventaire du patrimoine immatériel français !

http://www.torofstf.com/infos2011/110422inventaire_immateriel.html

 Une véritable victoire pour la tauromachie .

Le 2 Avril à Castellon :

Pour le plaisir voici  quelques  voici quelques  toreros en herbe, mais qui promettent ...

               

Notre maestro a été  jugé triomphateur de la  feria de la Madeleine de Castellon pour 2010.

Le prix lui sera remis le 11 Mars 2011 à Castellon

La nouvelle cuadrilla de Sébastien :

Javier Ambel remplace définitivement Curro Molina qui arrête sa carrière de torero

 


Jose Chacon, qui toréait pour Jose Tomas

 


Vicente Herrera

 


Le reste de sa cuadrilla ne change pas